Mercredi 2 janvier 2008
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19:53
Je vous ai parlé de Jean-Paul, sur son Romanée « Hooriyaad », de ses deux enfants, Amélie et Joris et de son ami
et équipier, Claude. Nous nous sommes liés d’amitié et avons décidé de faire route ensemble vers Sal (archipel du Cap Vert). De ce fait, Joris m’a proposé d’être mon équipier durant ce parcours.
Il espérait qu’un changement de bateau l’aiderait à dominer le mal de mer chronique qui le titille depuis le départ de France. Hélas pour lui, il a passé le plus clair des six jours de navigation
nécessaires pour atteindre Sal allongé sur sa couchette, en proie à des nausées bien désagréables.
Cette traversée s’est déroulée, cependant, sans difficultés. Un vent plutôt portant, faible au début, bien musclé les 3
derniers jours avec une mer un peu désagréable : une houle croisée, creuse et cassante. Autre détail : en tangonnant mon gênois, la balancine de tangon m’a traîtreusement frôlé
l’oreille, emportant, du même coup, mes lunettes de vue qui gisent, désormais, par 4000 m de fond !
Parti le 21 novembre vers 15 h de Santa Cruz de Tenerife, nous avons mouillé notre ancre dans la baie de Palmeira, à Sal,
le 27 novembre vers 18 h.
Que dire de Sal ? D’abord que ses habitants sont souriants, toujours prêts à rendre service sans en attendre quoi que
ce soit et qu’il n’y a aucun problème de sécurité.
Les « super-mercado » sont bien achalandés en produits de base et en produits frais. Les transports, sont peu
onéreux et il est facile de se déplacer d’un des trois bourgs à l’autre.
L’île en elle-même est déserte, en dehors des agglomérations, et très aride. Il n’y a pas d’eau et donc aucune végétation.
C’est le reg avec, pour tout relief, 3 ou 4 anciens volcans très peu élevés (300 m environ).
Le mouillage est un peu rouleur. Comme il n’y a pas de relief, les vents y déversent toute leur puissance et il faut
mettre de la longueur de chaîne quand ça souffle !
Pour ma part, mon pilote est tombé en panne, heureusement, 24 h avant d’arriver ici. Il avait déjà donné des signes de
faiblesse auparavant mais je lui avais fait un « toilettage » à Tenerife et pensais qu’il s’en satisferait.
Grâce une amicale chaîne de solidarité, des lunettes sont parties de France le 2 décembre et des pièces de pilote, le 10.
Mais, j’attends toujours mes « paquetes » « non, senior, rien pour vous aujourd’hui ! » « obrigada, madame, à demain ». C’est long !
Enfin, patience …de toutes façons, je reste ici jusqu’au début janvier puisque j’ai trouvé un équipier grâce à un bateau
voisin de mouillage. Ce monsieur, Jean-Luc, habitant en Avignon, me rejoindra le 7 janvier avec d’autres pièces pour le pilote et nous ferons la traversée ensemble vers …les
Antilles.
Eh oui, j’ai changé ma destination ! Pour des raisons personnelles, il est plus intéressant pour moi d’aller aux
Antilles cette année. Adieu, donc, le Brésil.
Jean-Paul, sa petite famille et son équipier sont partis le 16 décembre et, après une courte escale à Mindelo, se sont
lancés à l’assaut de l’Atlantique, direction La Martinique. Pour moi, cela a fait un vide …Mais je les retrouverais de l’autre côté !
Comme il faut nécessairement toujours positiver, tout ce temps passé au mouillage de Palmeira m’a permis de rencontrer
Benjamin et son superbe Sun Odyssée 44. C’est lui qui ma fait connaître Jean-Luc, mon futur équipier. J’ai fait la connaissance de Pierre et Jean-Paul, deux retraités comme moi et qui
navigue sur un Etap 38. J’ai revu Mandragore, construit par Jean-Yves et maintenant aux mains de Laurent et Hélène, un jeune couple charmant que j’avais rencontré un court moment à Folleux. Et
puis, une belle surprise : j’étais en train de faire ma sieste quand je m’entend hélé par mon prénom. Je mets le nez dehors et que vois-je ? Talabao, mes amis Anne et Xavier et leurs
deux garçons, Léo et Titouan (voir article sur Porto-Santo). Ils sont venus ici uniquement parce qu’ils savaient que j’y étais ! C’est chouette l’Amitié et ça met du baume au
cœur !
Jean-Luc est arrivé, tout sourire et avec son expérience qui n'est pas surfaite. Avec lui, les pièces de rechange pour le pilote que nous
nous sommes dépêché de monter et d'en vérifier le bon fonctionnement. Apparemment tout fonctionne donc, nous partons pour Mindelo, sur l'île de Sao Vicente, dernière étape capverdienne avant la
traversée. Pourquoi cette étape ? parce qu'à Mindelo il y a une marina où nous pourrons plus facilement faire les ultimes préparatifs et, surtout, faire les pleins d'eau et de gas-oil.
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